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Louis Barreau au Musée d'Arts de Nantes
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À PROPOS DE CANTATES / 1

EXTRAIT DE L’ARTICLE DE THOMAS HAHN PARU LE 18/01/20 SUR LE SITE DANSERCANALHISTORIQUE

Festival Trajectoires : Libertés chorégraphiques à Nantes

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Au musée, avec Bach et Barreau

C’est une belle histoire de liberté(s) aussi que de pouvoir faire surgir la danse contemporaine dans les salles d’un musée d’art. Celui de Nantes, magnifiquement restauré et rouvert en 2017 après six ans de travaux, a accueilli plusieurs solos présentés en résonance avec les tableaux et sculptures des collections permanentes. La danse de Marion David dans Cantates / 1, une chorégraphie de Louis Barreau sur la Cantate Nun komm, der Heiden Heiland est pourtant très mesurée. Avant que la danseuse arpente la salle, passant quelquefois entre deux sculptures du 19esiècle (Alfred Jacquemart, Jean-Léon Gérôme), elle arpente le sol, au sens concret, en compagnie du chorégraphe, fixant quelques repères à partir d’un point central. 

Épure, rigueur et sentiments, comme pour croiser la joie de la danse baroque avec la précision d’une Anne Teresa De Keersmaeker. Ce qui se joue là est tout un bal, dansé par une seule personne, où parfois un partenaire invisible semble la rejoindre. Une danse avec l’art, en somme. Louis Barreau la proposera pour des lieux chargés d’histoire mais aussi pour la scène, et construira une série de Cantates. Celle-ci, la première, a donc été inaugurée avec succès et avec elle le projet entier, dans le cadre de Trajectoires 2020. Un beau vernissage chorégraphique, où le geste de l’interprète relie l’ici-et-maintenant aux strates du temps qui nous ont précédé et nous ont laissé tant d’œuvres. Pour Barreau, la rigueur formelle de cette danse ouvre « des portes et des fenêtres qui n’auront comme intérêt final que de nous accompagner, avec le spectateur, vers davantage de liberté et de détachement. »

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À PROPOS DE MONTAGNE DORÉE

ARTICLE DE GENEVIÈVE CHARRAS PARU LE 11/02/19 SUR LE SITE DE GENEVIÈVE CHARRAS

« MONTAGNE DOREE » de Louis Barreau : Bach et Terpsichore en baskets !

L’échapée belle !
Avec Félix Dalban-Moreynas (piano), Marion David et Thomas Regnier

« Deux danseurs tentent d’entrer en harmonie profonde avec les Variations Goldberg de J.S. Bach. Peu à peu, les corps à l’unisson s’allègent, s’émancipent de leurs affects, tentent de n’être plus que mouvements, formes et sensations. Propulsés en position d’observateurs de leurs propres émotions, les danseurs et le pianiste atteignent une qualité de lien qui les fait entrer dans une autre temporalité, celle d’un instant présent constamment renouvelé. Assis devant un paysage de gestes qui se fond dans l’architecture de la musique, chaque spectateur est invité à vivre par procuration cette expérience sensible, comme une ascension en trente variations. »

Que le jeu demeure !
C’est avec nonchalance et décontraction que démarre le duo homme-femme tout de blanc vêtus, baskets blanches aux pieds Virevoltes, roulades au sol, petits sauts piqués, relâchés, l’envolée commence, légère, futile, aérienne. Les directions bien engagées, versatiles, le haut et le bas inversé, quelques accélérés, bras tendus…C’est radieux et très « cunningham », droit ou les axes en péril, bras en arceau…Le duo progresse en intensité, déploie sa danse en spirale, enroulés, ralentis et contacts au sol, comme une balade, sautillante, joviale, lumineuse. Les éclairages varient d’une intime combine à de beaux pleins feux, maniés de main de maître par Françoise Michèle aux consoles !
Des variantes ludique égrènent les déplacements, très écrits et calculés, ramassés ou éclatés comme des atomes ou électrons libres. La musique live délire toutes ses savantes avancées, très maîtrisées, basse danse, précieuse et quasi baroque, perle rare et « racée », sophistiquée à l’envi. Moults phases diversifiées nourrissent le propos chorégraphique qui avance, jubilatoire : parfois de l’imperceptible, de petit bougé dans l’immobilité feinte ravivent l’écriture, syntaxe acrobatique sur les notes voltigeantes de Bach. Danser Bach est chose noble et fertile , savante et périlleuse, mais ici la performance des danseurs, plus d’une heure durant ne lasse pas et les contrepoints, croches et virtuosité musicale ne font qu’un !
Vivace et relevée, la danse s’empare de la musique pianistique en proximité salvatrice pour épouser la musicalité des corps dansant, franchissant les rives et dérives de Bach dans toute clarté et allégresse.
La danse transporte les sons, les dépose ou les emmène loin, très loin.
Le temps d’une pause, à l’écoute, allongés au sol les danseurs cessent de vibrer, puis reprennent avec allant, les transports amoureux de ses notes célestes.
Des échanges plus dynamiques se propagent entre les deux danseurs, souriants, généreux, haletants, respirant d’un souffle commun ces variations audacieuses. En miroir, en décalé ou à l’unisson, complices, ils se relèvent, gestes tranchés, en petits tours rapides, pieds flexs…Tout un vocabulaire ou abécédaire connu mais recomposé avec astuce et pertinence. Etirements, glissés, alors que les éclairages variables et sensibles magnifient et sculptent les corps mouvants.
Une partition chorégraphique, composition musicale stricte et volage à la fois, illumine tracés et déplacements. Des axes oscillants pour démarquer une certaine rigidité axiale. Le plexus solaire irradiant le tout, offert au regard et au rythme de la danse !
Penchés, renversés, tordus ou gracieusement projetés dans l’espace, les mouvements jaillissent comme la musique et Bach de se réjouir d’avoir trouvé complices à sa mesure sans fausse note ni fugue !”

EXTRAIT DE L’ARTICLE DE THOMAS HAHN PARU LE 06/01/19 SUR LE SITE DE ARTISTIKREZO.COM

Faits d’Hiver : La danse sans limites (d’âge)

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Variations Goldberg
L’idée d’éclats chorégraphiques harmonieusement reliés porte aussi l’ascension de la Montagne Dorée de Louis Barreau, jeune chorégraphe qui suit, dans ce duo, le fil des Variations Goldberg de Bach : trente danses formant un « paysage de gestes ». 

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À PROPOS DE BOLERO BOLERO BOLERO pour 1 performeur

ARTICLE DE FANNY BRANCOURT PARU LE 12/10/17 SUR LE SITE THE ARTCHEMISTS – GENERATEUR D’ETINCELLES CULTURELLES

LES PLATEAUX DE LA BRIQUETERIE 2017 : BOLERO BOLERO BOLERO POUR 1 PERFORMEUR… LA RÉPÉTITION, CETTE FORCE INCOMMENSURABLE 

“Vendredi ensoleillé – parvis de la Briqueterie : Les Plateaux battent leur plein tandis que Louis Barreau s’apprête à danser son boléro. BOLERO BOLERO BOLERO pour 1 performeur, est la version de ce chorégraphe, danseur et musicien formé au conservatoire de La Roche-sur-Yon. L’écriture chorégraphique de Louis Barreau émane avant toute chose de l’ostinato rythmique de la partition du Boléro de Ravel. Pendant près de 20 minutes, il va ainsi décliner sa phrase chorégraphique. A l’horizontale ou à la verticale, cette dernière s’inscrit et se développe dans l’espace avec une intensité grandissante. La composition de Ravel est tellement puissante que s’y confronter relève du défi. Louis Barreau nous propose donc une partition dansée s’appuyant parfaitement sur la musique et qu’il déplace de manière minutieuse, la faisant spiraler. La phrase chorégraphique répétée, accumulée, déplacée crée ainsi une figure fractale. Ce n’est alors plus le corps qui se meut mais la musique qui meut le corps et le transporte d’un espace à l’autre, d’une hauteur à une autre jusqu’à l’ultime ascension musicale.
BOLERO BOLERO BOLERO pour 1 performeur par l’ostinato rythmique sur lequel il s’appuie, déclenche rapidement différentes sensations, de puissance bien sûr, de révolte, d’acharnement, de combat, comme si la répétition donnait une force incommensurable. Ici, la force musicale prend toute la place. La danse de Louis Barreau est fluide et l’apparente tranquillité se transforme au fur et à mesure du morceau. Mais il ne se dégage rien de ce duo qu’il tisse avec le morceau de Ravel. Le visage laisse transparaître la physicalité que l’écriture chorégraphie et la présence à la musique demandent, mais pas plus que cela. Il n’est pas ici question d’incarnation. On se laisse porter par cette danse à la couleur pastel (et ce malgré les pantalons et tee-shirt jaunes du danseur) sans autre intention. Une danse sans événement. Un visage sans événement. Une partition qui accompagne une autre partition, tout simplement.”

Les photographies de cette page ont été prises par : Louis Barreau, Emily Bonnet, Marion David, Roger Fusciardi, Alexis Komenda, Thibaut Montamat/Didier Olivré.