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CRÉATION LE 8 AVRIL 2016
Le Regard du Cygne, Paris / Festival Les Signes de Printemps

Ce solo est le premier volet d’un triptyque chorégraphique. Le deuxième volet, BOLERO BOLERO BOLERO pour 3 performeurs, a été créé les 16, 17 et 18 novembre 2016 à L’étoile du nord – scène conventionnée danse de Paris. Le dernier volet, KLISIS KLISEIS, a été créé à le 23 septembre 2017 dans le cadre du festival Bien Faits ! organisé par micadanses-ADDP à Paris.

Une phrase chorégraphique est composée sur l’ostinato fondant la structure rythmique de la partition du Boléro de Ravel. Cet ostinato se répète inlassablement jusqu’à la fin de la partition. Au fil de la pièce, la phrase chorégraphique elle-aussi se répète, d’abord en silence, puis, à l’arrivée de la musique, se transforme progressivement à chaque reprise. La phrase se développe et se décline de façon cyclique et accumulative, selon des modalités établies par une partition chorégraphique. La partition constituée guide la composition de la pièce qui propose l’exposition d’une phrase et sa transformation d’abord progressive puis radicale, via différentes déclinaisons gestuelles, spatiales, temporelles et dynamiques.

La puissance musicale fédératrice du Boléro offre un reflet brillant de ce lien entre répétition et différence, ses couleurs et nuances étant toujours renouvelées bien que les motifs mélodiques et rythmiques se répètent toujours. Il accompagne le spectateur dans la réception et la lecture de la danse, qui questionne elle-aussi ce lien. Le Boléro devient le medium du rassemblement, le lieu d’un commun à tous. Il est un connecteur entre la danse, la musique, et le spectateur, il crée des points de convergences et ouvre l’horizon du regard et de l’écoute.

En dépit de sa charge historique et culturelle, il n’est rien de plus que ce qu’il est : une musique, une partition sonore, un exercice d’orchestration disait Ravel. Exercice de composition musicale, exercice de composition chorégraphique mis en partage et devenant une danse, une performance physique et cérébrale pour le danseur. Musique et danse se mettent ensemble au travail et questionnent structurellement leurs rapports, leurs écarts, leurs synchronicités et leurs raisons d’être.

Ce solo n’a pas de fin narrative, il s’agit d’un travail abstrait mettant en jeu une figure dansante, ses formes, ses lignes, ses points. La singularité, l’expressivité, et les émotions du danseur sont révélées par la musicalité, par les tracés composés dans l’espace, dans la précision du regard et du geste. Je souhaite tenter de détourner l’affect via la composition, sans chercher à produire l’émotion, et en laissant le geste dire par lui-même son expressivité. Je ne me propose pas de faire le récit d’une situation, mais d’organiser divers éléments au sein d’un agencement compositionnel. Je souhaite opérer un travail de structuration et d’organisation, sans discours ni commentaire, pour tisser un entrelacs de gestes, d’espaces, de relations et de musicalités contenant sa propre puissance expressive. Les « histoires » pouvant surgir dans l’esprit du spectateur seront toutes intéressantes et valables : elles ne peuvent pas être figées a priori, elles sont profondément impermanentes et sont les échos sensoriels et immédiats du caractère abstrait de la représentation.

La danse dialoguant avec le Boléro trouble et stimule la perception du public, elle active ce semblant d’accélération alors même que le tempo commun à la musique et à la danse demeure identique du début à la fin. L’intensité croissante se situe ailleurs, dans la puissance intérieure des corps et de la musique. Danse et musique ouvrent d’autres espaces possibles de sensibilité et de disponibilité au geste pour le spectateur, elles offrent du jeu, de la marge, des interstices dans lesquels il peut se glisser pour éprouver, peut-être, de la joie.

chorégraphie et danse

Louis Barreau

musique

M. Ravel, Boléro (1928)

scénographie et lumière (pour la version théâtre)

Léa Adriansen

durée

30 minutes

production

compagnie danse louis barreau

résidences de création

La Briqueterie-CDCN du Val-de-Marne, Vitry-sur-Seine ; Les Fabriques – Laboratoire(s) Artistique(s), Nantes ; CND, Pantin

Photographies ci-dessus

Emily Bonnet

La compagnie danse louis barreau est soutenue pour ses projets par la Ville de Nantes, le Conseil Départemental de la Loire-Atlantique, le Conseil Départemental de Maine-et-Loire, le Conseil Régional des Pays-de-la-Loire et la DRAC des Pays-de-la-Loire. Elle bénéficie du mécénat du groupe Caisse des dépôts. La compagnie est associée au projet Théâtre Francine Vasse – Yvann Alexandre pour les saisons 19-20 et 20-21